Gregory Lemkine, l’entrepreneur qui éclaire les signaux invisibles du vivant

Formé à la recherche, docteur du Muséum national d’Histoire naturelle, Gregory Lemkine évolue d’abord dans le monde académique. C’est de cette trajectoire qu’est née Watchfrog, une entreprise aujourd’hui reconnue dans l’évaluation de la perturbation endocrinienne.

Genopole et les entreprises

Portrait de Gregory Lemkine

Formé à la recherche, docteur du Muséum national d’Histoire naturelle, Gregory Lemkine évolue d’abord dans le monde académique. C’est de cette trajectoire qu’est née Watchfrog, une entreprise aujourd’hui reconnue dans l’évaluation de la perturbation endocrinienne. À l’origine, une intuition scientifique forte héritée de sa directrice de thèse, le Pr. Barbara Demeneix : comprendre comment les substances chimiques interagissent avec les systèmes hormonaux du vivant, tout en développant des approches alternatives aux méthodes d’expérimentation animale traditionnelles.

Le déclic entrepreneurial se fait au contact de Genopole. Accompagné à ses débuts par des profils issus eux-mêmes de l’entrepreneuriat, il découvre les codes, les contraintes et les leviers de la création d’entreprise. Cette immersion façonne durablement sa vision : une entreprise de biotechnologie doit rester profondément ancrée dans la science, tout en étant capable de répondre à des enjeux industriels concrets.

Au cœur du projet : la perturbation endocrinienne, un sujet d’actulalité aussi complexe que stratégique. Les hormones, véritables chefs d’orchestre du vivant, régulent des fonctions essentielles comme la croissance, la reproduction ou encore le développement du système nerveux. « Une même hormone peut contrôler plusieurs fonctions à la fois. C’est cette finesse qui rend les perturbations particulièrement difficiles à détecter », explique‑t‑il.

Notre rôle est à la fois scientifique et opérationnel : produire des données fiables, utiles à la prise de décision.

Dr Gregory Lemkine
PDG, co-fondateur de Watchfrog

Pour relever ce défi, Watchfrog développe une approche originale : utiliser des embryons d’organismes aquatiques pour observer, grâce à des marqueurs fluorescents, l’impact des substances chimiques sur les mécanismes hormonaux. Une innovation qui permet non seulement d’accélérer les tests, mais aussi de proposer une alternative crédible à l’expérimentation animale.

Ces technologies ont franchi une étape décisive en étant intégrées aux lignes directrices de l’OCDE. Une reconnaissance internationale qui consacre plusieurs années de développement et positionne Watchfrog comme un acteur de référence sur ces enjeux.

Scanner d'un tétard. ©WatchFrog

Entre exigence scientifique et réalité industrielle

Si la science reste au cœur de l’entreprise, Gregory Lemkine revendique aussi une approche pragmatique. Watchfrog intervient aujourd’hui auprès d’acteurs de secteurs variés comme l’agrochimie ou la dermocosmétique pour les accompagner dans l’évaluation de leurs substances.

« Notre rôle est à la fois scientifique et opérationnel : produire des données fiables, utiles à la décision », résume‑t‑il.

En parallèle, l’entreprise continue d’explorer de nouveaux champs, notamment à travers des projets collaboratifs et des travaux de recherche sur les impacts environnementaux ou neurologiques des substances chimiques.