Rencontre
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Structurer la filière française des thérapies géniques
Créé dans le cadre du plan France 2030, GenoTher fait partie des cinq bioclusters labellisés par l’État pour accélérer l’innovation en santé en France. Dédié aux thérapies du gène, ce nouvel acteur fédère industriels, chercheurs, hôpitaux et institutions académiques autour d’un objectif commun : faire de la France un leader mondial du secteur. Rencontre avec Marco Pintore, Directeur général de GenoTher, installé au cœur de l’écosystème Genopole.
Pouvez-vous nous présenter GenoTher et ses ambitions ?
Marco Pintore : GenoTher est un biocluster entièrement dédié aux thérapies du gène. Nous avons été créés à la suite de l’appel à manifestation d’intérêt lancé par l’État dans le cadre de France 2030, via l’Agence de l’Innovation en Santé. L’objectif était de faire émerger en France cinq grands pôles de référence mondiale sur des thématiques stratégiques en santé.
GenoTher rassemble aujourd’hui des acteurs publics et privés majeurs du secteur, parmi lesquels les 7 membres fondateurs : Genopole, Généthon, l’AP-HP, l’Inserm, l’Université Evry Paris-Saclay et deux industriels : Spark Therapeutics, filiale du groupe Roche, et Yposkesi, désormais intégrée au groupe SK Pharmteco.
Ensemble, nous portons une ambition forte : accélérer le développement des thérapies du gène, depuis la recherche jusqu’aux applications cliniques, et leur accessibilité pour les patients, tout en renforçant l’attractivité de la France sur ces sujets.
Comment fonctionne concrètement le biocluster ?
M. P. : Le programme représente un investissement global de 140 millions d’euros sur 5 ans, financé à parts égales par l’État et par les membres fondateurs et partenaires du consortium, sous forme d’apports financiers ou de contributions en nature.
Nos investissements s’articulent autour de trois grands piliers :
- Le premier concerne le développement de plateformes technologiques destinées à accélérer le développement des thérapies du gène. Ces plateformes couvrent plusieurs enjeux : développer de nouvelles modalités thérapeutiques, améliorer les procédés de production afin de réduire les coûts et optimiser le passage à l’échelle, mais aussi structurer l’accès aux données patients pour augmenter le taux de réussite des essais cliniques.
- Le deuxième pilier porte sur l’accompagnement des startups à fort potentiel via un programme d’incubation et d’accélération. Nous accompagnons des entreprises déjà créées avec une approche très spécialisée sur les thérapies du gène. Cela peut passer par un accompagnement scientifique et technologique, réglementaire ou stratégique.
- Enfin, nous développons une plateforme pédagogique digitale dédiée à la formation continue des professionnels du secteur, du technicien au chercheur. Cette plateforme intégrera des contenus produits par différentes écoles et universités françaises avec une ouverture progressive à l’international.
Quel lien entretenez-vous avec Genopole ?
M. P. : Le lien est extrêmement fort puisque Genopole est membre fondateur de GenoTher. Il existe une véritable complémentarité entre nos structures. Genopole accompagne des projets plus en amont et nous apporte également son expertise en matière d’accompagnement des projets vers la création d’entreprises via leurs dispositifs existants comme Shaker, Gene.iO ou Upscale Bio. Genopole est également un partenaire clé sur les questions immobilières et d’implantation des entreprises. Lorsqu’une startup ou une plateforme technologique a besoin de surfaces adaptées, nous travaillons ensemble pour identifier les meilleures solutions d’accueil sur le territoire.
Où en est aujourd’hui le déploiement de GenoTher ?
M. P. : Nous sommes dans une phase d’accélération très forte. L’équipe compte actuellement sept personnes et devrait atteindre une dizaine de collaborateurs d’ici la fin de l’année.
À ce jour, près de 75 % des projets ont déjà été lancés ou sont en cours de déploiement. L’objectif est que l’ensemble des projets soit opérationnel d’ici l’automne 2026.
Le programme d’investissement s’étend jusqu’en 2029‑2030, avec une évaluation de l’impact sur dix ans. Dans notre secteur, c’est le minimum nécessaire pour mesurer la création de valeur scientifique, technologique et industrielle.